La Roche Bernard

 

   Les ponts


Le premier pont, 1839-1852 - Cliquez pour agrandir

    Depuis qu'il y a des hommes, il a toujours fallu trouver un moyen de franchir la Vilaine. On dit que les anciens passages se faisaient autrefois à quelques kilomètres en aval de La Roche, par bateau entre l'Ile en Férel et l'Ile en Marzan.
    Pour l'époque Gallo-Romaine, les vestiges de la voie de Nantes à Vannes sont bien repérables jusqu'à l'Ile en Férel; de l'autre côté c'est moins net. J'opterais plutôt pour un atterrage en Arzal, juste en aval du ruisseau de l'Ile en Marzan pour la rive nord.
    Le passage du « Guedas », au pied du rocher qui donna son nom à la ville date au moins des Normands; 'il est situé au pied du fort construit par eux. Le Baron de la Roche Simon I donne au XIe siècle la moitié des droits de passage à l'Abbaye Saint Gildas des Bois. D'où, selon Joseph Pasgrimaud «la Roche Bernard, mille ans d'histoire» auquel nous empruntons ces précieuses informations, le nom breton de Gweltas, Gildas, a dérivé en « Guédas ».

    Après la Révolution, la nouvelle administration des Ponts et Chaussées louait par adjudication le monopole du bac. C'était une belle occasion de molestation des passagers, tant par le patron que par les matelots ! Ce fut le cas dans les années précédant 1833 où le bail fut résilié d'office à cause de la multitude des plaintes.
   Le 28 décembre 1839 était inauguré le premier pont de la Roche Bernard, seul pont entre Redon et la mer, sur 50 kms de rivière. On avait utilisé la technique de pont suspendu, parce qu'il était impossible de fonder des piliers dans le lit du fleuve : comme on le verra un siècle plus tard pour la construction du barrage d'Arzal la vase recouvre sur environ 30 mètres le sous-bassement rocheux.
    La longueur de la partie suspendue au dessus de la rivière est de 193 mètres, les accès sur les pentes rocheuses sont en maçonnerie à trois hautes arcades portent la longueur totale à 350 mètres. On peut encore voir toute la partie maçonnée des trois arches de chaque rive, à peine transformées par les travaux du troisième pont. La hauteur de la partie suspendue était de 39 mètres au dessus de la basse mer et permettait le passage des navires à très hauts mats du milieu du XIXe.
    Ce pont était sensible au vent qui dans le couloir de vilaine, et à cette hauteur atteint jusqu'à 120 kms heure. Le 28 octobre 1852, une rafale emportait le tablier suspendu.

   En 1853, second pont. Comme le premier, il tangue et vrille dans le vent. En 1856, premier incident: la diligence est renversée. En septembre 1870, 20 mètres de tablier s'effondrent; on répare en février 1871; en septembre de la même année, 35 mètres sont emportés...
    Ensuite on aménage au dessus du tablier endommagé une passerelle « provisoire » de 3 mètre de largeur, à sens unique. Elle restera en service 40 ans !


Le pont en arc articulé - Cliché Musée de la Vilaine

    En 1911 c'est le troisième pont. Entre les parties maçonnées est lancé un arc métallique en croisillons de type Eiffel. C'est un « arc articulé », assez complexe . Pour simplifier : en gros une arche métallique part du bas des rives et passe au dessus du tiers central de la portée: dans cette partie centrale le tablier est suspendu à l'arc, tandis que sur les deux bords il est porté par les bases montantes de l'arc. Le plus simple est de regarder la photo...
    Ce pont très original et élégant, durera jusqu'à 1944. Le pont a été miné par les allemands pour pouvoir le faire sauter le cas échéant, afin de bloquer l'avance américaine. Le 15 août un violent orage fait éclater les charges et le pont s'effondre une nouvelle fois.

    « La Passerelle », pont flottant, sera mise en service en juillet 1948, à partie d'éléments du port artificiel d'Arromanches. Elle devait suivre les marées avec des pontons d'accès comme des ponts levis. Elle était à sens unique et limitée à 16 tonnes. La nuit, on s'endormait à la Roche bercé par les grincements des éléments de passerelle entre flotteurs, secoués par les poids lourds, ou agités par la marée. le bruit montait de l'eau jusqu'aux maisons de la ville...

   Le Quatrième pont reprendra la tradition des ancêtres: suspendu ! A la différence des premiers, il est suspendu d'un bout à l'autre, sans arches de maçonneries, à deux hauts piliers situés de part et d'autre de l'eau et les câbles porteurs sont profondément ancrés dans la colline. Plus haut que les précédents (54 mètres au dessus de l'eau), plus long: 406 mètres, dont 244 pour la partie centrale. Il est inauguré en mai 1960 et toujours en service en 2004.


Le pont du Morbihan - Cliché Office du Tourisme

  Un Cinquième pont, le Pont du Morbihan est ouvert en 1996 . Il est entièrement en béton contraint, avec une arche allongée. Il a été construit pour assurer la continuité d'une voie rapide (4 voies) semblable à une autoroute. Mais, hérétique, cette voie rapide évite La Roche Bernard et passe directement de Missillac à Nivillac, d'où elle s'envole par le 5e pont pour la colline de Marzan, cent mètres en amont des arches orphelines du premier pont .

     Deux autres ponts se sont ajoutés à ceux de la Roche Bernard entre Redon et la mer:
     Le pont de Cran, entre Thehillac et Rieux, en amont.
     Le barrage d'Arzal et le pont de l'écluse, entre Camoël et Arzal, en aval.

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