Sommaire La vie après la mort

SOMMAIRE.

Introduction.
1 - Comment peut-il y avoir quelque chose après la mort? Si le corps est mort, comment reste t-il quelque chose de nous?
2 - Les objections de ceux qui croient qu'il n'y a rien après la mort, les "matérialistes."
3 - Au cœur de l'homme, n'y a t-il pas une peur secrète devant le mystère de Dieu et de l'éternité : peurs et blessures des athées?
4 - Mais la réincarnation, n'est-ce pas aussi une vie après la mort? Est-il possible d'avoir plusieurs vies successives?
5 - La vie éternelle, qu'est-ce que c'est? Comment vivrons nous? Quelles relations pouvons-nous avoir avec ceux qui sont au ciel?
6 - Que pouvons-nous faire pour ceux qui sont morts?
7 - "Le Cantique du Paradis", vieux cantique breton

"Il essuiera toute larme de leurs yeux :
de mort, il n'y en aura plus,
car l'ancien monde s'en est allé."

Apocalypse 21, 4


INTRODUCTION.

La vie après la mort ? C'est une question que tout le monde se pose. (C’est ce que constate par exemple Claude ALLEGRE, ministre français de l’Éducation, dans son livre « Dieu face à la science ».Voir aussi l’article de Pierre Gilles de GENNES, prix Nobel, dans le Figaro du 28 octobre1997).
Peut-être pas aujourd'hui... mais un jour, nécessairement. Demain peut-être, à cause d'un proche, d'une amie qui est en train de nous quitter. Et pour nous aussi, l'heure viendra.

Certains disent : "il y a peut-être quelque chose, on verra bien quand j'en serai là. Pourquoi m'inquiéter aujourd'hui?"

D'autres passent toute leur vie à préparer cette rencontre de l'au-delà, à préparer l'éternité, tellement c'est important.

Mais tous sans doute nous avons de la répugnance à penser à la mort, car nous sommes faits pour la vie. Voilà pourquoi il est bien utile d'éclairer ce que nous pouvons savoir de la vie après la mort.

Parmi des réponses si différentes qui nous sont proposées, que croire, qui croire? Les matérialistes, les "athées", disent "tout est fini à la mort, il n'y a que le monde qui continue à tourner."
Les tenants de la réincarnation disent "Il y a plusieurs vies successives, jusqu'à ce qu'on devienne le Grand Tout et qu'on ne respire plus la vie (nirvana)."

Les juifs, les musulmans et les chrétiens croient qu'après cette vie il y a une vie éternelle de bonheur avec Dieu. Les chrétiens en particulier disent que nous ressusciterons avec notre corps, comme Jésus-Christ.

Dans ce petit livre, nous allons donner un résumé clair de ces questions et des réponses qu'on peut légitimement y apporter.

Jésus dit : Quant à ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu cette parole de Dieu qui vous dit :
"Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob;"
Ce n'est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants.

(Evangile de St Matthieu, ch.22 v. 31 et 33)

1 - Comment peut-il y avoir quelque chose après la mort? Si le corps est mort, comment reste t-il quelque chose de nous?

La première question en effet est de savoir comment nous pouvons continuer une sorte de vie alors que notre corps est mort, qu'il reste là dans la terre ; et bientôt même ce corps a disparu, tous ses éléments se perdent dans la terre ou dans l'air.

Plusieurs livres ont parlé, ces dernières années, d'expériences de "Vie après la mort." Des médecins américains ont même publié des thèses sur ce sujet. D'après les témoignages recueillis dans ces livres certaines personnes malades, souvent en phase post-opératoire, dans un état très critique, sont morts et on l'a constaté biologiquement. Et puis après quelque temps, on s'aperçoit qu'ils reprennent vie. Elles ont été interrogés pour savoir ce qu'ils ont éprouvé dans le temps où ils ont paru morts. On a été étonné de constater une grande similitude. En général ces personnes ont éprouvé une existence "en dehors de leur corps" qu'ils pouvaient contempler en spectateurs. Et ce que rapportent la majorité de ceux qui ont fait cette expérience, c'est qu'ils ont eu une confrontation avec un être lumineux et miséricordieux. L'image et l'identité de cet être varient, mais il est d'autant moins précis que les personnes sont peu ou pas croyantes. Et pourtant la confrontation à un jugement miséricordieux, à une bonté, semble la même.

Il faut reconnaître néanmoins, quel que soit l'intérêt et la valeur de ces témoignages qu'ils se rapportent à une expérience "aux frontières de la vie et de la mort." En effet toutes ces personnes ont recommencé à vivre comme nous, et c'est pour cela qu'elles peuvent nous en parler. Ainsi on peut penser que l'Être mystérieux de cette rencontre "leur a peut-être donné un avertissement, une interrogation, une nouvelle chance, un encouragement à vivre la bonté et le bien; mais il s'agit bien de la reprise, de la continuation identique de la même vie que ces personnes avaient parmi nous auparavant."

Il y a pourtant quelque chose peut-être à accepter de ces témoignages : aux limites extrêmes de la vie corporelle peut se révéler de façon plus frappante que notre corps n'est pas tout de nous, qu'une fine pointe de notre être est capable de s'interroger sur son corps, sur sa vie, sur son destin. Est-ce l'âme ?

C'est là une question essentielle. Contrairement à ce que croient les matérialistes, nous verrons pour quelles raisons, dites ou non dites, il est bien certain que notre existence "matérielle biologique" ne peut pas exprimer tout de nous-mêmes. Il n'est pas logique de réduire aux limites propres de la biologie notre vie dans ce qu'elle a de plus profond, nos aspirations les plus vraies, notre désir du beau et du bon et le sens que nous avons d'une destinée ultime. Ce n'est pas si difficile à comprendre. Prenons un exemple :

Un homme peut aimer une femme avec son corps. Mais il est faux de dire que c'est seulement avec son corps qu'il peut l'aimer. Et ceux qui limitent l'amour au corps sont méprisés. Le véritable amour, cela va plus loin, plus profond. Et c'est plus durable. Aimer en vérité, c'est aimer non seulement de tout son corps, mais de tout son cœur, avec toutes les puissances de l'âme. C'est aimer l'autre pour l'autre. C'est vouloir son bonheur plus que tout. C'est s'oublier pour aimer, et c'est aimer pour toujours.

Oui, "l'amour est plus fort que la mort" ( du livre "Le Cantique des Cantiques" dans la Bible) et nous appelle au-delà.

Le bonheur aussi. L'homme est fait pour le bonheur : comment serions-nous malheureux si nous n'avions aucune idée, aucun désir du bonheur? Et si nous éprouvons du bonheur, que désirons-nous? non pas simplement que continue l'occasion qui nous a procuré du bonheur, mais que le fait d'être heureux dure toujours, quelle qu'en soit la raison. Il y a donc quelque chose en nous qui va plus loin que le corps, qui est fait pour désirer le bonheur sans fin, c'est ce que les chrétiens - et beaucoup d'autres - appellent l'âme.

Et la mort est un obstacle. Nous sommes faits pour être heureux, nous désirons un bonheur éternel, et non pas qui s'arrête à la mort. Ce bonheur sans fin, nous le désirons tous, pour nous-mêmes, pour ceux que nous aimons, parce que nous avons une âme, nous ne nous consolons pas de la mort, nous avons comme un désir naturel, irrépressible de l'éternité, l'âme n'est pas faite pour disparaître dans la terre.

2 - Les objections de ceux qui croient qu'il n'y a rien après la mort, les "matérialistes."

Ils ont des objections extérieures, et d'autres qui sont d'ordre intérieur, en eux-mêmes : les unes sont des raisonnements objectifs, que l'on peut discuter, les autres sont des réactions intérieures, des blessures ou des peurs internes tout à fait personnelles à chacun. On n'en a pas toujours conscience, mais on peut les apaiser et les guérir quand ces blessures viennent à la lumière.

L'objection principale des matérialistes est simple, ils déclarent qu'il n'y a rien en dehors du monde physique (physico-chimique), le monde que l'on peut observer par les sens et mesurer. Et ils le croient, comme d'autres croient en Dieu, ce qui est assez étonnant.

Cette objection se veut "scientifique", et elle a été effectivement l'opinion de ceux qu'on appelle les "scientistes."

Ces scientistes, dans la seconde moitié du dix-neuvième siècle et la première moitié du vingtième disaient ne croire qu'à la science, et ils impressionnaient les gens peu instruits en se réclamant de la science. Ils étaient persuadés que la méthode scientifique allait tout expliquer. Ils rejetaient comme irrationnel toute autre source de savoir, de connaissance ou de sagesse. En dehors des sciences tout le reste était billevesées, bulles de savon. Un peu comme si un spécialiste du grec vous déclarait que tout ce qui n'est pas écrit en caractères grecs n'a aucune signification. L'âme ne pouvant être mesurée ni mise en équation, ils en concluaient qu'elle n'existe pas.

Ces théories matérialistes sont dites "réductionnistes" parce qu'elles réduisent l'homme à des quantités, des calculs, des réactions chimiques, des schémas physiologiques.

La pensée, l'amour, la vie sont réduits à être seulement la "superstructure" de réactions psysico-chimiques.

Avec cela, les scientistes n'étaient pas moins que les autres susceptibles de préjugés "anti scientifiques" pour sauvegarder leurs théories. Ainsi les adversaires du grand Pasteur, le savant qui a découvert les microbes et les vaccins, croyaient à la génération spontanée. Pourquoi ? Pas pour de vrais motifs scientifiques, mais par athéisme, parce qu'ils pensaient : s'il n'y a pas génération spontanée des animaux par le milieu, où on les rencontre habituellement on va être obligé de croire à la Création et au Créateur.

D'un autre côté le même Pasteur, si exigeant en matière scientifique, croyait à l'existence de l'âme et à l'éternité. Il remerciait Dieu de ses découvertes (par exemple dans son discours pour l'inauguration de l'Institut Pasteur). Et il a écrit à propos de la mort d'un de ses enfants la plus belle déclaration d'espérance, se retrouver dans l'éternité? Car c'est bien là la question. Et elle est tout à fait en dehors de la chimie, de l'astronomie ou de la physique : mon enfant qui est mort, est-il mort absolument? Pour toujours? Ou bien a-t-il, ou aura-t-il part à un bonheur vivant où je pourrai le retrouver? Et contempler à nouveau son sourire. Les promesses de Dieu sont-elles si absurdes?

"Devenu agréable à Dieu, il a été aimé, et, comme il vivait parmi des pêcheurs, il a été transféré... Devenu parfait en peu de temps, il a fourni une longue carrière. Son âme était agréable au Seigneur. Aussi est-il sorti en hâte du milieu de la perversité... Mais les justes vivent à jamais, leur récompense est auprès du Seigneur."

(Livre de la Sagesse - ch.4 v.10 et 13, - ch.5 v.15.)

3 - Au cœur de l'homme, n'y a t-il pas une peur secrète devant le mystère de Dieu et de l'éternité : peurs et blessures des athées?

Beaucoup de nos amis athées ou des personnes qui disent qu'il n'y a rien après la mort ont des objections d'une toute autre nature que de dire "il n'y a rien en dehors des sciences physiques." Leurs difficultés à croire à la vie de l'âme, et à l'éternité du ciel, sont d'ordre très personnel. Ce sont des questions qui touchent à la liberté, à la morale, à la justice, à l'amour des autres, à notre histoire personnelle. Nous allons essayer de montrer que ces questions sont de vraies questions, mais qu'elles sont posées souvent de mauvaise façon, à cause de notre histoire personnelle. Dès lors nous ne pouvons pas avoir la bonne réponse ; nous la rejetons par avance car nous en avons peur. Nous ne voulons pas écouter, par peur d'entendre quelque chose qui nous fera du mal ; nous bouchons nos oreilles. Et pourtant, si nous écoutions la vraie réponse, quelle joie, quelle délivrance!

Il y a des athées qui ne peuvent pas accepter l'idée qu'il y ait une vie éternelle, j'en ai connu très intimement, parce que leur père, leur mère, leur amie, leur mari... est mort incroyant apparemment. Alors on se dit : cette personne aimée, admirée, ne peut pas aller au ciel avec Dieu s'il y en a un, puisqu'elle ne croyait pas. Ou bien, cette personne a fait des choses qui ne sont pas conformes à ce que j'imagine de la morale voulue par Dieu. Je préfère dans tous les cas qu'il n'y ait pas de Dieu ni de vie éternelle, car ils en seraient exclus, et c'est trop triste.
Mais à cela l'Evangile (c'est-à-dire la "Bonne nouvelle") de Jésus-Christ répond :

"à l'homme c'est impossible, mais à Dieu tout est possible"
(Evangile selon St Mathieu, ch.19,v.26)

"Dieu veut que tous soient sauvés"
(St Paul, 1ère lettre à Timothée, ch.2,v. 4)

"Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle"
"Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui."

(Evangile selon St Jean, ch.3,v.16 et 17)

Nous pouvons donc croire avec assurance que Dieu est un Dieu de bonté, de miséricorde. A ceux qui le méconnaissent de bonne foi, il est prêt à ouvrir les portes du salut. Il regarde avant tout leur droiture. Il suffit que leur cœur, le fond de leur âme dise oui à sa miséricorde. Ceci est manifesté dans l'Evangile quand Jésus meurt sur la croix, il y a à côté de lui deux bandits qui sont également crucifiés. Et l'un d'entre-eux se tourne vers Jésus et a pitié de lui en disant :

"Pour nous c'est justice, nous payons nos actes mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait : "Souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton Royaume." Et Jésus lui dit :

"En vérité je te le dis, aujourd'hui même tu seras avec moi dans le Paradis."

Voilà ce que nous pouvons demander à Dieu pour telle ou telle personne aimée qui est morte sans connaître Dieu apparemment : que comme le bon larron, elle soit touchée par l'innocence de Dieu au moment de le rencontrer, et qu'elle lui demande alors que Jésus-Christ se souvienne d'elle dans son Royaume. Et alors Dieu à qui rien n'est impossible, rendra notre ami capable d'entrer avec lui dans le Paradis.

Dans le face à face ultime de la personne au moment de la mort, un moment dont nous ne sommes pas témoins, Dieu qui est tout amour se révèle d'une façon particulière comme l'amour, la miséricorde. Alors toutes les peurs de Dieu, les fausses images de Dieu s'évanouissent comme des nuages chassés par la tempête. L'amour, le vrai visage de Dieu dans le Christ apparaît comme au bon larron. Et il suffit alors de dire oui à l'Amour de Dieu, Lui, il fait le reste.

Quant à nous qui sommes vivants, nous avons peut-être peur de Dieu aujourd'hui car nous en avons justement une fausse image. Par exemple à cause de la morale. Est-ce-que je dois abandonner telle chose que j'aime aujourd'hui pour un bonheur futur que je ne connais pas? Dieu veut-il m'imposer des choses austères pour me montrer sa puissance? Est-il ennemi véritablement de mon bonheur? Veut-il faire de moi un esclave? La réponse est la même que celle que nous avons donné ci-dessus :

"Si Dieu a donné son Fils pour que j'aie la vie éternelle, s'il m'aime alors même que je ne le connais pas, que je ne l'aime pas, que je le combat peut-être ; s'il m'aime à ce point, pourquoi aurais-je peur qu'il veuille pour moi autre chose que le bonheur?"

Nous pouvons avoir des difficultés à le comprendre. Pourquoi ne pas lui demander, au nom de l'amour qu'il nous déclare, d'éclairer ces difficultés?

Le Dieu de Jésus-Christ ne m'impose pas son amour. Il est venu parmi nous comme un enfant à Noël, tout faible, sans puissance. Etait-ce pour nous écraser? Cet amour, il ne l'impose pas, il le propose; il le mendie. Il n'attend de moi qu'une réponse libre, même si je ne comprends pas tout immédiatement, je peux commencer à le regarder autrement. Dans mon esprit vont peu à peu s'effacer les images contrefaçon? que j'avais de Dieu. Il ne veut pas empêcher mon bonheur dans cette vie ci. Il va me montrer les chemins d'un bonheur qui va plus loin qui me satisfera complètement. Un bonheur qui correspond aux désirs les plus profonds de mon être.

Alors je pourrai découvrir ce Dieu d'amour et accepter ses promesses extraordinaires. Dans la joie et la liberté, guéri de mes blessures profondes, j'aurai envie de lui dire oui, je veux aimer de toute mon âme. Je déposerai à ses pieds tout ce qui ne va pas. Je recevrai avec joie son pardon qui me fera tout neuf. Et j'entrerai dans une espérance nouvelle, un sens de l'amour pour lequel je serai prêt à changer quelque chose dans ma vie.

4 - Mais la réincarnation, n'est-ce pas aussi une vie après la mort? Est-il possible d'avoir plusieurs vies successives?

De nos jours beaucoup de gens disent qu'ils croient à la réincarnation. On ne sait pas très bien ce que c'est souvent, mais cela semble plus moderne.

Pourquoi certains sont-ils fascinés par cette idée de la réincarnation, que vaut-elle ?

Il y a deux requêtes profondes dans cet attrait pour la réincarnation.

1 - Je sens bien en moi que ma vie profonde n'est pas faite pour s'arrêter. Le néant me répugne. Il faut de quelque façon que, ma vie mon être, dure au-delà de la mort, dans une certaine forme de vie. En fait, ce que l'on recherche d'un côté sous le mot de réincarnation, c'est l'éternité. Mais en vérité la théorie de la réincarnation est-elle la bonne réponse, est-ce la route qui mène au véritable bonheur?

2 - Les gens sentent bien qu'ils ne peuvent pas aller au Paradis comme ça. Les uns comme les autres nous avons conscience que nous avons besoin d'être purifiés. N'avons nous pas été un jour un peu ou beaucoup plus complices du mal dans le monde par un mal que nous avons fait ?

Les doctrines de la réincarnation suggèrent que de vie en vie (recommencées sur la terre) nous allons nous purifier et nous débarrasser du mal qui nous colle à la peau. Cette idée est profonde et très respectable. Mais la solution qu'elle propose au problème est-elle valable?
( L'idée que l'âme se promène de corps en corps de façon indépendante réduit le corps à n'être qu'une prison de passage. En réalité, le corps, c'est la carte d'identité de l'âme. L'âme ne vient à l'existence qu'avec le corps qui lui donne sa figure, et dont elle est la vie spirituelle. Nous ne sommes chacun qu'une seule personne avec une seule âme, un seul corps, une seule histoire, une seule éternité.)

Pourtant, la réincarnation, ce n'est pas la vie éternelle.

La réincarnation, quelle que soit la théorie qu'on suit (il y en a de nombreuses : doctrines orientales, nouvel âge, bouddhisme du petit véhicule ou du grand véhicule), ce n'est pas véritablement la vie éternelle. C'est une addition de petites vies avec toujours les limites de la vie d'ici, jusqu'à ce que tout d'un coup il n'y ait plus de vie du tout, le "nirvana".

Le bonheur proposé au bout du chemin n'est-il pas un étrange bonheur? Si l'on admet l'étymologie du mot nirvana, l'état ultime après les réincarnations, c'est une absence de souffle, de respiration. Cette purification par vies successives consiste à se détacher du désir des biens matériels, du pouvoir, des affections et des relations avec les autres, de l'amitié. Et puis de tout lien avec la vie elle-même : ne plus penser, ne plus respirer. Alors on se confond enfin avec l'univers, le grand tout. On ne bouge, plus on ne pense plus, on n'aime plus. On n'a plus d'identité, plus de personnalité.

Est-ce là le bonheur auquel nous aspirons: pour être Tout, n'être plus nous-mêmes?

Au contraire, dans la Résurrection, nous vivrons nous-mêmes, toujours. En compagnie du Dieu Vivant et de tous ceux qui vivent avec lui dans son amour et son bonheur qu'il nous donne. Nous parlons avec lui. Nous continuons d'aimer ceux qui sont sur terre, et nous prions pour qu'ils accèdent au même bonheur.

Les problèmes de la purification par les réincarnations.

L'autre aspect de la réincarnation, c'est le mode de purification qu'elle propose : par des vies successives nous allons remonter ou redescendre l'échelle qui conduit du mal - la matière - du bien - le Tout immatériel et impersonnel.

Ainsi la vie risque de perdre beaucoup de sa valeur propre : d'un côté, on évacue les problèmes pour plus tard, dans une autre vie hypothétique on fera mieux. C'est irresponsable, la vie n'est pas prise au sérieux : il n'est pas sûr que rien se décide maintenant, je me rattraperai dans une autre vie.

Si c'était vrai! Pourquoi ne pas chercher le bonheur de la vie pour toujours dès maintenant? Quel étrange ennemi de l'homme et de la grandeur de son destin lui insuffle cette anesthésie? Lui enlève le sens et la valeur de sa vie? Faudra-t-il donc toujours redoubler la classe?

Et puis, on mesure mal les dégâts que cette doctrine opère parfois : si dans ma vie de maintenant je porte le poids des fautes d'une vie antérieure, je paye pour une vie dont je n'ai aucun souvenir. Dans laquelle j'avais le corps d'une autre personne, ou d'un animal. Quelle culpabilité pèse sur moi et quels efforts à faire! Je devrai entasser peut-être des vies et des vies pour remonter l'échelle.

N'y a-t-il donc pas quelqu'un qui puisse me venir en aide? Sur quoi m'appuyer pour devenir bon et arrêter cette chaîne fatale?

Les promesses du Dieu vivant sont toutes autres. Oui, Dieu notre Père nous veut bons et parfaits. Mais il sait de quoi nous sommes faits. Dieu est amour, don et pardon. Il n'exige pas des vies et des vies. Il envoie son Fils pour nous pardonner, nous purifier, nous faire accéder au bien, lui la source de tout bien. Il nous donne sa propre vie et sa propre bonté. Par sa miséricorde il nous arrache au mal et à l'imparfait, et nous donne accès à la vie véritable.

Il respecte notre liberté et la prend au sérieux. Il aime notre liberté, il nous l'a donnée pour que nous puissions aimer. Et si librement nous disons oui à sa main tendue, oui à son amour, c'est pour toujours que nous entrons dans la vie.

5 - La vie éternelle, qu'est-ce que c'est? Comment vivrons nous? Quelles relations pouvons-nous avoir avec ceux qui sont au ciel?

Quelles relations pouvons-nous avoir avec ceux qui sont au ciel?

On imagine parfois que la vie après la mort, c'est comme au cimetière : un repos endormi long, très long et monotone.

Un jour un petit garçon de cinq ans demandait : "Est-ce qu'au ciel tout le monde vit dans son lit?" Il disait cela parce que il avait bien compris que la tante qu'il avait vue malade dans son lit était maintenant au ciel. On lui a alors expliqué qu'au ciel il n'y a plus ni maladie, ni mort, on est encore plus Vivant qu'avant.

Thérèse de Lisieux disait en mourant : "J'entre dans la vie". Et elle avait déclaré "Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre." Tous ceux, innombrables, qui la prient depuis 100 ans (elle est morte en 1897) peuvent témoigner que c'est bien vrai.

Je voudrais dire ici un témoignage personnel. Ma femme et moi nous avons perdu un petit garçon, Dominique, à l'âge de six ans. Mon père, son grand-père, était très triste. Quelques jours après l'accident, il se réveillait la nuit de tristesse, et il pleurait. Alors, il entendit une petite voix, qui lui disait : "Faut pas pleurer, bon papa." Il se rendormit, puis une seconde fois il se réveille en pleurant. Même petite voix qu'il reconnut être celle de Dominique. Et une troisième fois, et la voix lui dit : "Pleure pas bon papa, si tu savais comme je suis heureux." Et cette fois le grand-père a vu s'évanouir toute tristesse.

Il arrive aussi parfois, avec la permission de Dieu, que tel être cher disparu nous fasse sentir d'une certaine façon sa présence, son intercession pour nous auprès de Dieu car ceux qui sont auprès de Dieu ne sont pas inactifs. Ils sont Vivants, comme Dieu est Vivant. Ils contemplent sans cesse la face de Dieu, et ils s'émerveillent. Et ils intercèdent sans cesse pour ceux qui cheminent sur la terre. C'est comme une grande chaîne de solidarité. C'est parce qu'ils sont auprès de Dieu, parce qu'ils ont le cœur tourné vers Dieu, qu'ils reçoivent de lui, par amour, la possibilité de prier pour nous; de demander pour nous la lumière et l'aide de Dieu; de nous faire parfois un signe par la grâce de Dieu pour nous orienter vers le chemin de la Vie, vers Jésus-Christ qui est "le chemin, la vérité et la vie."

M ais il n'est pas question d'interroger les morts pour les utiliser en nous détournant du ciel et de Dieu, par exemple pour exercer la divination, la prédiction. Ce rapport avec les morts, considérés comme morts pour "utiliser leur esprit" est une forme de culte idolâtrique, c'est-à-dire détourné du vrai Dieu. On l'appelle nécromancie, spiritisme, etc... c'est dangereux. Cela peut altérer nos facultés et nous conduire à des actes regrettables, et même très mauvais.

Au contraire, pour ceux qui sont auprès de Dieu, tout ce qu'il y a eu de beau, de bon dans leurs affections terrestres, la vie divine le transfigure, l'augmente. Et ce qui n'était pas juste est purifié, ajusté au bien, on aime alors d'un parfait amour tous ceux qu'on a connus. Et avec Dieu, on veut leur bonheur, on prie Dieu de leur donner le même bonheur dans lequel on est entré.

Nos corps ressusciteront.

La plénitude de la vie ne touche pas seulement la vie. Jésus dans l'évangile nous annonce la résurrection des corps :

"Je suis la Résurrection, qui croit en moi, même s'il meurt, vivra et quiconque croit en moi ne mourra jamais"

(Evangile selon St Jean, ch.11,v.25 et 26.)

Le Christ est ressuscité avec son corps. Ses disciples ont vu les plaies de ses mains et de ses pieds, et de son côté. Il a mangé et bu avec eux. Mais il n'a pas repris le cours de sa vie terrestre. Il est ressuscité avec un corps de gloire. Depuis 2000 ans les chrétiens en sont tous témoins.

Nous aussi, à la fin des temps, nous ressusciterons avec un corps transfiguré, un corps de gloire.

Saint Paul, dans sa première lettre aux Corinthiens (ch.15,v.35 à 53) explique que ce sera le même corps - la même personne - mais comme un grain qui va pousser est bien le même que la plante qui a poussé, notre corps, réuni alors à notre âme, ne vivra plus de la vie de la terre, mais transfiguré vivra dans la Vie de Dieu, ce qu'on appelle, de façon imagée, le ciel.

"Et si l'Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d'entre les morts habite en vous, Celui qui a ressuscité le Christ Jésus d'entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous."
(Lettre de St Paul aux Romains ch.8 v.11)

Il n'y a donc pas dissolution dans l'univers, dans le grand tout comme le pensent les réincarnationistes, parce qu'ils ne connaissent pas les promesses de Dieu. C'est Dieu qui nous redonne vie parfaite, et nous restons nous-mêmes dans notre identité. Vrais partenaires de Dieu, invités à sa table comme à un banquet. Il essuiera toute larme de leurs yeux selon la phrase de l'Apocalypse que nous avons citée au début.

Mais cette vie éternelle, nous pouvons commencer à la vivre dès maintenant d'une certaine façon. Car Dieu se donne à connaître dès cette vie. C'est pour cela que nous pouvons le découvrir, l'écouter, l'accueillir. Comment? Par la lecture de l'Evangile, de la Parole de Dieu, par la vie des "sacrements" : le Baptême, par lequel nous naissons à la vie divine. L'Eucharistie, c'est-à-dire la messe, où nous recevons Dieu dans l'hostie ; il veut nous nourrir de sa propre vie, de son amour vivifiant, de son Esprit-Saint. Et puis la Réconciliation, où nous demandons pardon de nos fautes, "nos péchés" contre l'amour de Dieu et des autres. Et où Dieu, par le prêtre, souffle son pardon sur nous et nous purifie. Il y a encore le Sacrement des malades, le Mariage, l'Ordination pour les prêtres.

Dans la prière nous accueillons aussi la vie éternelle déjà dans notre vie présente. Dieu, si nous lui donnons de notre précieux temps, vient déjà faire sa demeure dans notre cœur et nous ouvrir aux choses d'en haut.

Alors notre vie de mariage se transforme : nous aimons d'un amour renouvelé. Nos relations avec les autres changent : nous les regardons d'un autre regard, un regard d'amour et d'espérance.
C'est cela la charité : Dieu vient en nous et nous faisons des œuvres d'amour.

Nous connaissons la joie, parce que nous avons l'espérance.

"Tu nous a fait pour toi Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il ne demeure en toi."

Saint Augustin.

6 - Que pouvons-nous faire pour ceux qui sont morts?

Dans le credo, ce résumé de ce que croient les chrétiens depuis 2000 ans, nous disons "Je crois à la communion des Saints." Cela veut dire qu'il y a une grande relation entre tous ceux qui sont au ciel auprès de Dieu, "les saints" et nous qui vivons sur la terre.

Les "Saints" ne sont pas seulement il faut le préciser, ceux qui ont été déclarés tels par l'Eglise et qu'on appelle les saints canonisés. Les saints du calendrier. Tous ceux qui sont morts en disant oui à l'amour de Dieu sont, après parfois une purification, avec lui et sont des "Saints."

Mais pour entrer dans le feu de l'amour, il faut être chaud, brûler d'amour. C'est pourquoi, si nous avons besoin d'être réchauffés, cette purification s'appelle Purgatoire. Et nos prières peuvent hâter cette marche vers l'amour. Pour Dieu, il n'y a pas de temps. Si aujourd'hui nous pensons à tel ou tel de nos défunts et que nous prions pour lui, Dieu a déjà vu notre prière.

La meilleure des prières c'est d'offrir une messe, et d'y assister si c'est possible. Mais tous nos pauvres mots ont un grand pouvoir pour nos amis défunts : ils touchent le Cœur de Dieu.

Seigneur.
Voici l'offrande que nous présentons devant toi, nous, tes serviteurs et ta famille entière : dans ta bienveillance, accepte-la. Assure toi-même la paix de notre vie, arrache-nous à la damnation et reçois-nous parmi tes élus.

(Prière de la messe)

Il faut aussi beaucoup prier pour ceux qui vont mourir, c'est le moment où nous allons dire oui ou non à l'amour.

Petite prière avec la Vierge Marie.

Réjouis-toi Marie, pleine de grâce, Le Seigneur est avec toi. Tu es bénie entre les femmes Et Jésus le fruit de ton sein, est béni, Sainte Marie, mère de Dieu Prie pour nous, pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort. Amen.

Et l'enfer, existe t-il? Oui, Jésus nous en avertit dans l'Evangile, en particulier dans la parabole du pauvre Lazare et du mauvais riche. Et surtout dans la parole du jugement dernier.

"Nous ne pouvons pas être unis à Dieu à moins de choisir librement de l'aimer", dit le catéchisme de l'Eglise Catholique. Les paroles du Christ sont graves :

"Celui qui n'aime pas demeure dans la mort. Quiconque hait son père est homicide. Or vous savez qu'aucun homicide n'a la vie éternelle demeurant en lui."
(Evangile selon St Jean, ch.3,v.15)

Jésus parle de "la Géhenne" du "feu qui ne s'éteint pas".
(Evangile de St Marc, ch.9,v.43 et 48)

Il annonce qu'il "enverra ses anges qui ramasseront les fauteurs d'iniquités et les jetteront dans la fournaise ardente." L'enfer existe bien, et l'Eglise ne dit à ce sujet que ce que Jésus a dit lui-même. Pourquoi? L'amour de Dieu nous prévient du drame de manquer à l'amour, de passer à côté du ciel, de la vie éternelle. C'est un appel à la responsabilité avec laquelle l'homme peut user de sa liberté en vue de son destin éternel. C'est un appel à la conversion.

Mais l'enfer, ce n'est pas un rejet par Dieu. Dieu ne prédestine personne à aller en enfer comme l'ont cru faussement ceux qu'on a appelé les jansénistes. Il faudrait, pour aller en enfer, que nous refusions volontairement Dieu et que nous y persistions jusqu'à la fin. Que nous refusions sa miséricorde.

Dieu veut en effet que tout homme soit sauvé. Demander sincèrement son pardon, c'est l'obtenir : souvenons-nous du Bon Larron.

Dieu veut "que personne ne périsse, mais que tous arrivent au repentir."

(Deuxième lettre de Pierre,ch.3,v.9)

Nous pouvons donc espérer que tous nos défunts auront demandé cette miséricorde de Dieu, et prier pour eux à ce sujet. C'est Dieu lui-même qui nous inspire de prier pour eux et qui veut se laisser vaincre par notre appel à sa miséricorde.

Alors pour eux, pour nous, notre espérance c'est le Ciel, grâce à la miséricorde de Dieu nous avons la ferme espérance qu'eux et nous, nous nous retrouverons dans le ciel de Dieu.

"Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé."

(Texte chrétien, dans l'Apocalypse de St Jean,ch.2,v. 3 à 4)

Père Yves de Boisredon
et
Hervé-Marie Catta